Lorsque le diagnostic de cancer de la prostate à un stade précoce, localisé, est posé et que celui-ci ne provoque pas de symptômes, plusieurs stratégies thérapeutiques peuvent être proposées. Il peut être décidé de réaliser soit un traitement curatif d’emblée (chirurgie ou radiothérapie), soit de surveiller l’évolution de la maladie. La surveillance dans ce contexte est une surveillance active.

Pourquoi la surveillance active dans le cancer de la prostate ?

Nous savons que le cancer de la prostate à un stade précoce est très fréquent et évolue lentement vers un stade plus avancé. Choisir de traiter immédiatement par un traitement curatif (prostatectomie radicale ou radiothérapie) expose à des effets indésirables non négligeables pour une maladie modérément agressive et qui peut rester longtemps localisée.

La surveillance active a pour but de retarder un éventuel traitement curatif et de prévenir ainsi le patient de ses effets néfastes. Cela consiste en la réalisation d’examens à intervalles réguliers. Si une progression de la maladie est détectée, la surveillance prend fin et il est proposé un traitement curatif. La surveillance active s’inscrit donc dans une démarche curative du cancer de la prostate.

 

Quels patients peuvent en bénéficier ?

La surveillance active s’adresse à des patients, présentant une tumeur de la prostate localisée, à faible risque d’évolution, qui pourraient être éligibles à un traitement curatif en cas d’évolution.

Comment se déroule-t-elle ?

Une première série de biopsies de prostate est réalisée devant la suspicion de cancer de la prostate et confirme la présence d’un cancer de la prostate localisé de faible risque.

 

A partir de cet instant, un suivi plus attentif que pour la population générale est réalisé, et étalé sur trois niveaux :

  • une surveillance clinique par le toucher rectal, et la recherche de symptômes
  • une surveillance biologique par le dosage du PSA sanguin
  • une surveillance anatomopathologique par la réalisation de biopsies de prostate

 

Dans certains cas l’IRM peut faire partie des outils de surveillance.

Habituellement les examens cliniques et biologiques sont pratiqués tous les 3 à 6 mois. Une nouvelle série de biopsie est réalisée durant la première année suivant le diagnostic initial de cancer de la prostate puis la fréquence (annuelle, biennal…) est déterminée par votre urologue.

La surveillance peut être poursuivie à vie, ou bien jusqu’à la progression de la maladie. Elle peut aussi être reconsidérée si vous ne jugez plus cette situation acceptable.

Comment choisir ?

Au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) regroupant oncologues, chirurgiens, radiothérapeutes ; la surveillance active est validée comme l’une des options pouvant vous être proposée.

Votre médecin vous présentera ensuite les différentes possibilités et vous discuterez ensemble de la balance bénéfices-risques. Au terme de cet échange, il vous appartient de choisir entre la surveillance active ou un traitement immédiat.

 

Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Avantages

  • Évite un traitement inutile (le surtraitement)
  • Évite les effets indésirables d’un traitement (effets secondaires liés aux soins)

 

Inconvénients

  • Anxiété potentielle
  • Nécessité de suivi et d’examens réguliers (PSA, toucher rectal, biopsies)
  • Le traitement curatif différé peut être plus complexe
  • Risque de progression du cancer localement ou à distance

 

En cas de progression ?

Si une évolution du cancer de la prostate est constatée au travers des résultats des différents examens réalisés :

  • Augmentation du taux de PSA
  • Progression au toucher rectal, apparition de symptômes en lien avec la maladie
  • Progression sur les biopsies

 

La situation sera de nouveau discutée en RCP, et il sera décidé de la meilleure stratégie thérapeutique à vous proposer.

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