Le CHU de Nice, pôle d’excellence pour la chirurgie de reconstruction génito-urinaire

Les 2 et 3 juillet 2026, le service d’Urologie, d’Andrologie et de Transplantation Rénale du CHU de Nice accueillera, au sein du bloc opératoire de l’hôpital Pasteur 2, une session exceptionnelle du Diplôme Inter-Universitaire (DIU) de chirurgie de reconstruction génito-urinaire de l’adulte.

Organisée sous la direction du Pr DURAND Matthieu , chef du service d’Urologie et responsable pédagogique de cette formation universitaire, et du Dr BARTHE Flora, cette rencontre de haut niveau réunira de jeunes urologues en cours de spécialisation, des praticiens déjà expérimentés souhaitant développer une expertise complémentaire, ainsi que plusieurs références nationales.

Durant ces deux journées, l’hôpital Pasteur 2 deviendra un véritable centre national de transmission des savoirs chirurgicaux, autour de techniques de pointe destinées à traiter des pathologies complexes affectant l’appareil génito-urinaire masculin. Ces affections, souvent méconnues du grand public, nécessitent une prise en charge particulièrement rigoureuse, tant en raison de leur technicité que de leur impact fonctionnel et psychologique majeur pour les patients.

À travers des interventions réalisées en direct, des échanges pédagogiques approfondis et des discussions scientifiques, cette session s’inscrit pleinement dans la vocation universitaire du CHU de Nice : former, transmettre et faire progresser l’expertise médicale au plus haut niveau.

Entretien avec le Pr Daniel Chevallier, co-fondateur de la formation.

Pouvez-vous nous présenter le principe de ce DIU et son organisation ?

« Il s’agit d’une formation universitaire sur deux années, conçue pour permettre aux urologues d’acquérir une véritable surspécialisation en chirurgie de reconstruction génito-urinaire de l’adulte.

Elle associe des enseignements théoriques approfondis, des échanges de pratiques, des démonstrations chirurgicales en direct et une immersion opératoire aux côtés d’experts. C’est aujourd’hui un programme unique dans le paysage universitaire français, développé en partenariat avec d’autres centres universitaires majeurs : Nîmes, Paris, Marseille, Lyon et Lille »

Quelles seront les pathologies prises en charge pendant ces deux journées ?

« Le programme opératoire couvrira l’ensemble des grandes indications de la chirurgie reconstructrice génito-urinaire.

Nous traiterons notamment :

  • la maladie de Lapeyronie ;
  • la pose d’implants péniens pour les troubles sévères de l’érection ;
  • les sténoses urétrales complexes avec reconstruction utilisant notamment le lambeau buccal ;
  • différentes plasties de recouvrement ;
  • la prise en charge de l’incontinence urinaire masculine

Chaque intervention constitue un support pédagogique particulièrement riche, car ces pathologies nécessitent des stratégies opératoires extrêmement précises et personnalisées. »

Pourquoi cette chirurgie demeure-t-elle un domaine aussi spécialisé, parfois redouté par les urologues ?

« Parce qu’elle exige une hyperspécialisation qui dépasse largement le cadre de la formation urologique conventionnelle.

Il s’agit d’une chirurgie de haute précision, qui requiert une parfaite maîtrise technique, une grande expérience et une connaissance approfondie de l’anatomie génito-urinaire.

Mais au-delà de l’aspect purement technique, nous intervenons sur une région anatomique particulièrement sensible, avec des enjeux fonctionnels, identitaires et psychologiques majeurs.

C’est une chirurgie à forte exigence de résultat : restaurer une fonction, préserver la qualité de vie, répondre à des attentes très importantes de la part des patients. Cette responsabilité impose une expertise spécifique. »

Quelles innovations ont récemment transformé cette spécialité ?

« Ces dernières années, plusieurs avancées majeures ont considérablement amélioré nos pratiques. Dans le domaine des implants péniens, les dispositifs sont devenus beaucoup plus sophistiqués, avec des systèmes plus fiables, plus ergonomiques et des procédures chirurgicales simplifiées, permettant une sécurité accrue.

Aujourd’hui, nous observons moins de 1 % de complications et des taux de satisfaction qui atteignent près de 98 % chez les patients et leurs partenaires.

Par ailleurs, les progrès réalisés dans la reconstruction urétrale, notamment grâce à l’utilisation du lambeau buccal, ont profondément modifié la prise en charge des sténoses complexes.

Ces innovations permettent des résultats fonctionnels nettement supérieurs à ceux obtenus auparavant. »

Cette chirurgie doit-elle rester concentrée dans quelques centres experts ?

« Oui, car l’expertise nécessite un volume suffisant d’activité et une équipe parfaitement formée. Mais dans le même temps, notre ambition est précisément de diffuser cette compétence sur l’ensemble du territoire.

Le DIU répond à cet objectif : former progressivement, dans chaque grande région française, plusieurs chirurgiens capables de devenir des références locales.

L’enjeu est double : garantir l’excellence technique tout en améliorant l’accès des patients à ces prises en charge spécialisées, sans qu’ils aient à se déplacer systématiquement vers quelques centres nationaux. »

Une ambition universitaire et médicale au service des patients

À travers cette session nationale, le CHU de Nice confirme son positionnement comme acteur majeur de l’innovation chirurgicale et de la formation universitaire de haut niveau.

En accueillant les 2 et 3 juillet 2026 cette rencontre d’excellence, l’établissement réaffirme son engagement dans le développement d’une médecine de recours, fondée sur l’expertise, la transmission des savoirs et l’amélioration continue des prises en charge.

Au-delà de la performance technique, cette formation poursuit un objectif essentiel : permettre à davantage de patients, partout en France, d’accéder à une chirurgie reconstructrice de référence, porteuse de bénéfices fonctionnels, psychologiques et humains considérables.