Les robots sont-ils en train de remplacer les chirurgiens ? Quels sont les avantages de la chirurgie robotique ? Qui peut bénéficier de la chirurgie robot-assistée ? Qu’en est-il au CHU de Nice ?

 

« Lors des journées dédiées au cancer de la prostate, les patients, mais aussi les personnes intéressées ont pu d’un côté visiter de façon interactive la prostate géante, mais aussi découvrir et tester le robot chirurgical au CHU de Nice Pasteur 2« , expliquait Imad Bentellis, interne dans le service d’Urologie, Transplantation rénale. « Il s’agissait avant tout d’une sensibilisation aux pathologies prostatiques et à leur prise en charge. La rencontre des équipes médicales et des outils permettait une présentation pratique et ludique de la chirurgie prostatique, notamment robot-assistée. »

 

Un robot pourquoi ? et pour qui ?

En termes de volume d’activité les spécialités les plus actives en chirurgie robotiques sont l’urologie, la gynécologie, mais aussi la chirurgie digestive et thoracique. En urologie elle concerne d’une part la chirurgie des cancers du rein, vessie et prostate mais aussi la chirurgie fonctionnelle, celle des prolapsus des organes génitaux (décente d’organes), des chirurgies de l’incontinence, de reconstructions vésicales, d’adénome de prostate ; ou encore de transplantation rénale.

 

« L’abord mini-invasif a permis d’améliorer considérablement les suites opératoires et de réduire les durées d’hospitalisation. Bien entendu, cette avancée n’est pas le seul fait de la chirurgie robot-assistée. Elle est multifactorielle et tient aussi à la prise en charge avant l’intervention, par la diététique (immunonutrition) et l’activité physique adaptée, ainsi qu’après l’opération, par l’avancée des prises en charge anesthésiques, la réhabilitation améliorée après chirurgie et l’optimisation de la prise en charge des cicatrices et des cathéters. » rapportait le Dr Brannwel Tibi, Praticien Hospitalier au CHU de Nice.

Des chirurgiens augmentés

Le système robotique chirurgical daVinci® (Intuitive Surgical, Sunnyvale, CA, USA) a entraîné un changement considérable dans la disponibilité et l’utilisation de la chirurgie coelioscopique robot-assistée.

Du fait notamment de la vision binoculaire en 3 dimensions et de l’articulation des pinces, cette technologie permet un apprentissage plus aisé que celui de la cœlioscopie classique. Cette performance est souvent mesurée en termes de durées opératoires, pertes sanguines, durées de séjour, mais aussi en termes de résultats fonctionnels et oncologiques à long-terme.

Les simulateurs intégrés permettent aux chirurgiens en formation de s’évaluer en dehors des heures opératoires. Ils peuvent analyser leurs lacunes avec précision afin de les combler, en l’occurrence au sein de programmes validés par les sociétés savantes notamment européennes (European Association of Urology).

 

De nouveaux challenges

La chirurgie robotique a souvent été présentée comme n’apportant pas plus de résultats que la coelioscopie classique. Cependant ces études comparent des chirurgiens expérimentés dans des centres experts à haut volume d’activité. Ceci ne concerne pas forcément la réalité de l’offre de soin et la majorité des centres de moyen volume.

Ainsi, d’une part les jeunes chirurgiens offrent plus vite un soin de qualité ; et d’autre part les chirurgiens plus expérimentés explorent de nouveaux challenges. Les experts s’accordent à dire que cet outil leur permet avec plus de précision d’extraire des tumeurs en préservant le maximum de  tissus sains, de limiter les délabrements et les dissections, de préserver les fonction sphinctériennes, érectiles, d’affiner les marges carcinologiques ou encore de préserver la fonction rénale.

 

Une pratique intégrée dans un système de santé

Le cout du matériel a longtemps été présenté comme une limite médico-économique à l’utilisation du robot. Les données publiées ont souvent été hétérogènes ou contradictoires. Cependant les études récentes montrent qu’une pratique intégrée et coordonnée entre les spécialités permettait d’optimiser le modèle (essais RAZOR, RACE). En effet, au-delà du bénéfice apporté au patient – la réduction des durées de séjours hospitaliers et l’aspect mini-invasif de cette chirurgie – la constitution d’une plateforme robotique multi-chirurgies centralisée permettait de dynamiser cette activité, d’en faire bénéficier le plus grand nombre et de parfaitement répondre aux objectifs territoriaux et de santé publique. « Cette pratique intégrée a permis de former des équipes paramédicales dédiées à cette activité et d’optimiser les parcours de soins de nos patients sur l’ensemble du territoire », précisait le Dr Matthieu Durand, directeur médical de la plateforme robotique au CHU de Nice.

 

Mais que réserve l’avenir ?

Les progrès technologiques considérables, loin de remplacer les chirurgiens, ont dynamisé et libéré leur activité. Ces nouveaux outils ouvrent des champs entiers de possibilités et font reculer les difficultés pour s’attaquer à de nouveaux challenges. Ils poussent aussi à faire de la chirurgie et de la science d’une nouvelle façon, avec des algorithmes d’intelligence artificielle et la réalité augmentée qui font partis des nouveaux outils de décision.

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