L’actualité médiatique autour de l’utilisation des prothèses posées par voie vaginale pour le traitement du prolapsus génital entraine un vif débat auprès des patientes et entre les professionnels de santé.

Le prolapsus vaginal, qui est une maladie dite de statique pelvienne, atteint certaines patientes et nécessitent parfois, pour elle, une intervention chirurgicale. Cette intervention peut avoir lieu par voie vaginale. Elle se fait sans ou avec prothèse. Depuis que la FDA (Food and Drug Administration – agence de contrôle des produits de santé aux Etats-Unis) a émis des réserves en 2011 sur ces prothèses-ci,  plusieurs sociétés savantes dont l’Association Française d’Urologie (AFU) ont tenu à en repréciser les indications de leur usage.

S’ORIENTE-T-ON ALORS VERS LE « NON PROTHETIQUE » OU LE « TOUT PROTHETIQUE » ?

« Les résultats restent encore aujourd’hui controversés. Certaines études scientifiques ont présenté une meilleure correction anatomique avec l’utilisation de prothèse par voie vaginale », explique le Dr Brannwel Tibi. Pour autant, la satisfaction des patientes et les résultats fonctionnels étaient identiques à la chirurgie conventionnelle sans utilisation de prothèses.

A cela s’ajoute, des complications spécifiques liées aux prothèses, notamment l’érosion prothétique pouvant atteindre jusqu’à 20% dans certaines études. Le taux de ré-intervention semble être supérieur à la chirurgie traditionnelle. Mais là encore, il y a des points de controverse. Certaines autres études robustes notamment l’essai français PROSPER ne rapportait lui que peu de complications liées aux prothèses vaginales. Et, à cela se rajoute encore pour nuancer les différences, que nombre d’analyses médicales publiées portent des matériaux prothétiques actuellement retirés du marché et ne reflètent donc pas les choix actuels.

QUELLES SONT DONC LES RECOMMANDATIONS OFFICIELLES ? 

« C’est parfois assez compliqué de bien définir ce qui est le meilleur pour une patiente. Les études portent toujours sur des cas très stéréotypés, ce n’est pas la réalité de ce que tous les chirurgiens urologues vivent au quotidien. Chaque patiente a son histoire, il faut faire la part des choses et appliquer les recommandations de nos sociétés savantes » précise le Pr Daniel Chevallier.

Compte tenu de l’état actuel des connaissances et des différents résultats scientifiques, les sociétés savantes françaises (AFU,CNGOF) ont donc arbitré. En l’occurrence, elles ont retenu en premier lieu la chirurgie du prolapsus par voie vaginale sans pose de prothèse comme la référence pour toutes les patientes à qui cela correspond.

A noter une limite importante. Pour les patientes présentant un haut niveau de risque de récidive de la maladie, clairement identifié par leur chirurgien urologue, le recours alors à la mise en place prothétique doit être discuté. Ces patientes nécessitent une prise en charge concertée dans un centre expert.

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