L’étude CARMENA, à laquelle l’équipe d’urologie du CHU de Nice avait participé, remet en question le recours systématique à la chirurgie (néphrectomie) pour les patients atteints de cancer du rein métastatique de risque intermédiaire et haut de progression.

Une étude française, CARMENA, publiée en juin dans le New England Journal Of Medicine et présentée en tête d’affiche à l’ASCO, le grand congrès mondial de cancérologie, a fait le tour du monde ces dernières semaines.

Soutenue par l’AFU et le GETUG, CARMENA répond à une question simple que s’est posée il y a plus de 10 ans son investigateur principal, le Pr Arnaud Méjean, urologue à l’Hôpital Georges Pompidou : avec les nouveaux traitements, faut-il continuer à opérer les cancers du rein détectés au stade métastatique ?

LA CHIRURGIE EN SECONDE INTENTION

Entre 2009 et 2017, il a donc été recrutés 450 patients, dont la moitié ont bénéficié d’une ablation du rein pour cancer et d’un traitement au sunitinib (le traitement standard), et l’autre a simplement reçu du sunitinib (traitement systémique).

Conclusion : les résultats sur les patients n’ayant pas eu d’intervention chirurgicale ne sont pas moins bons. Ils étaient même, sur certains points, meilleurs. La prise en charge standard peut donc être revue. Elle devrait d’ailleurs bientôt l’être : « les recommandations françaises mises à jour sortiront en septembre, ces résultats devraient être pris en compte » indique Arnaud Méjean.

L’étude CARMENA devrait changer les pratiques en France et partout ailleurs. Elle a, en plus, le mérite d’être une étude académique, financée en grande partie par le programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), l’URC Paris Descartes et l’AP-HP, et non sponsorisée par les laboratoires. Le CHU de Nice se réjouit d’y avoir contribué.

Nous vivons actuellement une période clef dans le traitement des cancers et notamment les cancers du rein où l’immunothérapie essaye de se faire une place de plus en plus importante. Ce changement de direction par l’essor de nouvelle étude pourrait ouvrir la voie à la génétique. Le CHU de Nice propose dans le cadre d’un essai sur les tumeurs du rein, un diagnostic génétique systématique sur certains gènes majeurs dans le développement tumoral. Cela a permis le diagnostic d’entités très rares de tumeur du rein comme le montre le poster « ALK-TPM3 rearrangement in adult renal cell carninoma : an exceptional translocation renal carcinoma » exposé à divers congrès internationaux. La compréhension des mécanismes induisant le développement métastatique permettrait de mettre en place un traitement personnalisé pour chaque patient.

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